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Un village paisible...

Histoire administrative et politique

Histoire administrative et politique :

Au temps de la féodalité, Muespach-le-Bas était le chef-lieu d’une mairie de la seigneurie de Ferrette comprenant également Muespach-le-Haut et Moyen-Muespach. Elle avait été inféodée aux nobles de Glières-Montjoie de Hirsingue. D’après l’urbaire de Ferrette (1592), Muespach-le-Bas comptait 27 fermes. Les trois Muespach ainsi que Knoeringue et Folgensbourg étaient administrés par un maire unique, mais chaque localité élisait ses propres jurés. 

Une famille noble de Bâle mentionnée en 1284 portait le nom de Muespach. 

Au cours du Moyen Age divers établissements religieux et nobles étaient possessionnés dans nos deux villages d’alors. La cour colongère que possédait le couvent de Feldbach dès 1144 à Muespach-le-Bas était dotée d’un règlement qui nous fournit les informations suivantes : le plaid annuel (assemblée de l’ensemble des colongers où se débattent toutes les affaires et plus particulièrement les questions d’ordre judiciaire) a lieu 8 jours avant ou 8 jours après la Saint Martin. Le maire doit avertir les colongers 8 jours à l’avance afin qu’ils puissent être présents et préparer le gîte pour le prévôt de Feldbach. Les questions d’ordre juridique débattues au plaid local peuvent être portées en appel devant la cour de Feldbach placée sous la présidence du maire de Feldbach et où siègent 18 juges, soit deux par cour rattachée à cette organisation : Feldbach, Galfingue, Guevenatten, Muespach-le-Bas, Niederlarg, Sondersdorf, Soppe-le-Bas, Strueth et Suarce. Pour faire respecter ses droits, le couvent dispose de moyens de pression draconiens : celui qui ne paye pas ses dîmes, cens et redevances diverses est passible de la prise de gages. Le gage est saisi et retenu par le maire pendant 8 jours ; il sera vendu si le contrevenant n’arrive pas à le racheter. Ce même couvent avait également des propriétés foncières, mentionnées vers 1530, à Moyen-Muespach. D’après un censier de 1284, le couvent bâlois Saint Alban y détenait aussi des biens. 

Au cours de la Guerre de Trente Ans, en 1633, nos deux villages furent ravagés par les troupes suédoises. Selon la tradition, seules trois maisons subsistèrent (une à Moyen-Muespach et deux à Muespach-le-Bas). La région fut repeuplée par des colons suisses et autrichiens. 

Lors de la révolution de 1848, nos ancêtres paysans, se joignant à ceux des environs, marchèrent sur Durmenach pour en chasser les usuriers juifs et détruire les reconnaissances de dettes que ceux-ci détenaient. 75 maisons furent détruites.

En 1870, après la défaite de Sedan et l’avance des troupes allemandes dans le secteur, la population se réfugia dans les forêts, emmenant bétail et mobilier. La frayeur passée, elle se réinstalla dans ses foyers.

Pendant la guerre de 1914-1918, les villages se trouvent en arrière du front qui se localise à Seppois, Pfetterhouse, Largitzen, Ballersdorf… A partir de 1915, les restrictions apparaissent : réquisition de céréales, autorisation spéciale pour moudre le blé, cartes alimentaires et vestimentaires, réquisition des alambics, chambres à air et pneus des voitures et bicyclettes, mais aussi de la couverture en cuivre du clocher. En 1917, les autorités réquisitionnent trois cloches sur les quatre que compte le carillon de l’église ; l’une est prêtée à la paroisse de Durmenach, une autre à celle de Waldighoffen : elles nous seront rendues à la fin des hostilités. La troisième, partie en Allemagne pour être transformée en canons, ne sera remplacée qu’en 1925.

En 1916, une compagnie d’aéronautes (Luftschiffer) est occupée près de la forêt vers Roppentzwiller au lancement de ballons captifs. Un des engins, touché par un tir ennemi, s’écrase au sol, tuant un jeune soldat brûlé vif.

En 1917, un camp de prisonniers italiens est installé dans l’actuelle rue du Château d’Eau. Certains travaillent chez les agriculteurs du village ou à Durmenach.

En 1918, l’armée allemande installe des dépôts de munitions pour artillerie lourde dans la forêt du Langholtz (vers Steinsoultz), accessibles grâce à des déviations construites à partir du chemin de fer tout proche. Deux gros canons montés sur rails tirent vers le front ; la riposte de l’ennemi se solde par des dégâts dans la commune de Steinsoultz.

La localité est libérée par les Français le 17 novembre 1918. Cette guerre aura fait 17 victimes à Muespach-le-Bas et 11 à Moyen-Muespach.

Le conflit 1939-1945 débute par l’évacuation, en septembre 1939, du seul village de Moyen-Muespach. La population est installée dans la région de Mont-de-Marsan dans les Landes. En juin 1940, les deux villages sont occupés par les troupes allemandes qui installent une ligne de démarcation sur la route principale au niveau de l’école intercommunale. Il faut un laisser-passer pour se rendre d’un village à l’autre. Le retour des Landes s’effectue individuellement et s’échelonne de début septembre à mi-octobre 1940.

Durant l’occupation, les trois Muespach sont réunis en une seule commune placée sous la direction de l’Ortsgruppenleiter Théophile GUTZWILLER.

Les deux villages n’échappent pas au sort réservé à l’Alsace toute entière. Les jeunes refusant de porter l’uniforme allemand doivent fuir par la Suisse, mais voient leurs familles déportées, pour les moins chanceuses jusqu’en Silésie. Ces dernières ne reviendront qu’en juillet 1945.

La localité est libérée le 20 novembre 1944. 17 victimes sont à déplorer, dont 11 pour Muespach-le-Bas et 6 pour Moyen-Muespach.

L’événement marquant de la deuxième moitié du XXème siècle est sans conteste la fusion, en 1972, des deux communes en une entité administrative unique : MUESPACH. Les derniers maires auront été : pour Muespach-le-Bas, M. Lucien BOHRER et pour Moyen-Muespach, M. Morand GROELLY. Le premier conseil municipal de Muespach est présidé par M. Lucien BOHRER, maire, secondé par M. Morand GROELLY, adjoint.

 

Bibliographie :

 

Le Haut-Rhin, Dictionnaire des Communes. Ed. Alsatia 1981. Tome 2, pages 926 à 932.

Specklin (Robert) : « Moyen-Muespach, esquisse historique », dans le n° 9 des publications de l’Association des Maisons Paysannes d’Alsace.

Wacker (Eugène) : Eine alte Kirchenordnung in Mittelmuespach, in Pages Sundgoviennes, Ed. Alsatia 1950, tome 2, pages 53 à 59.

Historique des villages de Moyen-Muespach et Muespach-le-Bas, enquête faite par les élèves de l’Ecole des Filles de Muespach vers 1970.

Brochure publiée par le conseil de fabrique lors du 140ème anniversaire de l’église en 1984, d’après les recherches de Jean Paul RIETHER dans les archives paroissiales.

 

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