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Sur les hauteurs de Muespach dans le Sundgau...
Mir rede Elsassisch

Les Malgré-nous et Malgré-elles du village

Quand Hitler s'est approprié l'Alsace, il était convaincu que les Alsaciens étaient des Allemands dans l'âme et qu'ils avaient toujours voulu être allemands.  Donc automatiquement les Alsaciens ont dû participer au service du travail obligatoire : le RAD. Cependant les Alsaciens n'étaient de loin pas ausssi enthoussiastes que Hitler pensa.

Le Reichsarbeitsdienst (RAD) est devenu obligatoire en Allemagne, en juin 1935, pour les hommes de 17 à 25 ans. Il fut étendu à la population féminine en septembre 1939. Par ordonnance du 8 mai 1941, le Gauleiter Wagner décida d’appeler au RAD, en Alsace-Moselle, « tous les habitants masculins et féminins entre 17 et 25 ans ». Pour les garçons, le RAD ce fut une préparation militaire intensive de six mois, en prélude à l’incorporation dans l’armée allemande.

Les Malgré-nous Muespachois déportés pour le RAD.

  • Hatstatt Joseph (Gutzwiller)
  • Kuntz Louis (Hemmerlin)
  • Scheideck Armand (Hemmerlin)
  • Brand Joseph (Zurbach)
  • Gutzwiller Paul (Wetzel)

Pour les filles, il consistait en des travaux agricoles ou d’aide au foyer. À partir de l’automne 1943, elles furent versées dans le Kriegshilfsdienst (KHD) comme auxiliaires de guerre. (Journal Alsace 2 juin 2013).

Les Malgré-elles Muespachoises déportées en Allemagne pour le RAD: devenu obligatoire pour la Classe 1923:

  • Groell Anne Madeleine
  • Gutzwiller Hilda (épouse Hatstatt Joseph)
  • Hatstatt Elisa (épouse Schmitt Charles)
  • Meyer Germaine (épouse Kueny Aloïs)
  • Seginger Elise (épouse Schumacher Marcel)
  • Schumacher Odile (épouse Di-Discala)

Pendant plus de vingt ans, Germaine Rohrbach s’est battu auprès des ministres successifs pour l’indemnisation des incorporés de force dans les formations paramilitaires allemandes, qui étaient essentiellement des femmes. Cette reconnaissance des RAD-KHD a longtemps été refusée par la Fondation "Entente franco-allemande" présidée jusqu’à son décès par M.André Bord.

Il a fallu l’intervention d’un secrétaire d’État aux Anciens combattants alsacien, M. Jean-Marie Bockel, pour que 800 € soient versés aux quelque 6000 "Malgré-elles", la moitié par l’État et l’autre moitié par la Fefa. Mais, ce 22 juillet 2008, date de la signature de l’accord, marquait surtout « la reconnaissance par la France, de leurs souffrances et de l’histoire d’une région ». Cette exposition, c’est l’hommage de l’Alsace à ses anciennes…(Journal Alsace 2 juin 2013).

Le but de Hitler était de germaniser les Alsaciens et de les enroler dans l'armée allemande dès que possible. Les classes nées avant 1926 ont été enrolées dans la Wehrmacht nazie.

Les forces nazies ont forcé les alsaciens à porter un uniforme nazi. Ils ont été enrolés et envoyé sur le front russe. Beaucoup d'entre eux ont été tué ou fait prisonnier et envoyés en Russie dans le camp de Tambow.

Les incorporés de force dans la "Wehrmacht".

Comme ils ne leur faisaient pas confiance, les Allemands ont placé un Alsacien pour neuf Allemands par régiment pour éviter toute fomentation ou conspiration alsacienne contre les Allemands.

  • Bohrer Lucien (classe 1911)
  • Groell Gérard (classe 1918)
  • Groell Paul (classe 1923)
  • Hatstatt Joseph (classe 
  • Kuntz Louis (classe 1923)
  • Scheideck Armand (classe
  • Et tous les morts dont le nom figure sur le momument aux morts.

Monument aux morts

Les incorporés de force dans la "Waffen SS"(Schutzstaffel : l'escadron de protection et de défense de Hitler).

La Classe 1926 fut intégrée exclusivement dans la "Waffen SS" et non dans la "Wehrmacht" car ils étaient trop jeunes pour se battre en Russie.

  • Haas André (a vécu à 16 ans la pendaison de son cousin M. Kreutter Charles et de son ami Jean-Pierre Zimmermann  qui avaient émis des propos injurieux "Dommage qu'il ne soit pas crevé" contre le" Führer Adolf Hitler"qui a échappé à un attentat en juillet 1944, ils ont été dénoncé par des proches).
  • Moritz Antoine
  • Moritz Pierre

 

Extraits de André : L'autre coté de l'histoire.

"Les soldats sont les oubliés de l'Histoire et sont inexistants dans les manuels d'Histoire. Les manuels ne parlent pas de l'humain, les manuels parlent seulement du soldat comme d'une machine, sans coeur ou comme une statistique. Pour André et les 130 000 Alsaciens et Lorrains  enrolés de force, l'histoire a été encore plus cruelle.

Esclaves des Allemands, détestés par les Américains, incompris par leurs propres concitoyens français,

Les Malgré-Nous ont été envoyés dans les oubliettes de l'Histoire.

 Ni le soldat, ni l'homme n'éxiste dans quelque manuel que ce soit".

"Il y a deux réalités en temps de guerre, soit vous mourez une fois soit vous survivez cent fois par jour".

"Les manuels ne décrivent pas les réelles horreurs de la guerre.

Mais les soldats, eux doivent vivre avec les horreurs toute leur vie.

Les soldats quels qu'ils soient, doivent réconcilier les réalités de la guerre et ses horreurs avec la réalité d'après guerre. Les difficultés sont nombreuses. Il ya des traumatismes typiques, comme des cauchemars et des angoisses...

Il faut se rappeler que les manuels donnent seulement les faits et oublient le coeur et l'esprit de ceux qui ont vécu ces guerres."Les étudiants américains, français et allemands et autre ne voient que la version factuelle officielle de la guerre de leur propre pays. En tant qu'humain, nous ne voulons pas que le monde connaisse nos erreurs, voie des informations qui représentent une mauvaise image de notre pays.

"Ainsi, le fait que nous, les Américains , avons  gardé et d'une certaine façon torturés des prisonniers bien sur après la deuxième guerre mondiale n'est mentionné nulle part. La vérité peut blesser, mais elle peut aussi être une voie vers la paix. La paix est seulement obtenue par les connaissances, et par la communication... mais nous pouvons et nous devons aspirer à la paix par l'éducation et la communication".

Aujourd'hui, plus de soixante ans après la fin de la guerre, André porte encore les profondes cicatrices de ses années à la guerre. Il est marqué par les personnes qu'il a tué, marqué par la peur incessante durant la guerre, marqué parce qu'il a été forcé de devenir son propre ennemi : un double traitre en sorte.

André est un homme très gentil mais quand il parle de la guerre, il veut se faire entendre de facon très claire:"cela ne doit plus jamais se reproduire"


A collaborarative effort by Mrs Allens's French II Class, Mrs Goormely's Spanish II Class, and Mrs Carlson's mixed media art Class.

Saint AUGUSTINE HIGH SCHOOL 2010-2011 San Diego California USA.

 

 

Merci également à Mme Maria Scheideck, M. Joseph Brand et M. Pierre Hemmerlin pour les propos rapportés.

 

C'était une période très dure ou règnait la terreur et personne n'osait vraiment se confier à l'autre de peur d'être dénoncé. Les parents demandaient sans cesse a leurs enfants de se taire car même leurs propos rapportés aux autorités locales, pouvaient provoquer la déportation de toute la famille. Beaucoup d'entre eux ont ainsi gardé le silence jusqu'à la mort car c'était trop dur de même rapporter à sa propre famille  toutes les horreurs vécues durant le plus jeune âge de leur vie... et en plus, ils n'avaient même pas le choix.

Pascal Groell  2013.

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